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Cette version a été conçue dans l’idée de donner un bref aperçu de ce qu’est et de ce que réalise la Coalition gaie et lesbienne du Québec. Il est bien sûr impossible de faire la nomenclature complète des réalisations initiées par notre organisme. Cela dit, ce sera un grand plaisir pour nous de vous fournir de plus amples informations par courriel. Nous souhaitons que la quête d’égalité sociale et juridique de l'ensemble des personnes LGBT fasse partie de vos intérêts et qu’une collaboration soit possible entre nous, pour allier nos forces et contribuer à améliorer leur quotidien.

Présentation sommaire


VISION

La CGLQ œuvre au mieux vivre-ensemble et contribue à une société tournée vers plus d'égalité sociale et juridique des personnes de la diversité sexuelle, conformément aux Conventions des droits de l’homme et des enfants. Nous déployons tous nos effectifs pour enrayer toute forme de discrimination, violence ou inégalité liée de près ou de loin à l’orientation sexuelle et de ce fait, pour lutter contre et réduire l’homophobie.

La CGLQ vous souhaite la bienvenue sur son nouveau site web. Avec une équipe de bénévoles, elle œuvre à la poursuite de programmes de formation, d’information et de démystification des réalités vécues par les lesbiennes et gais du Québec. Elle travaille également de concert avec ILGA afin de mobiliser et promouvoir les études (mémoires et thèses) québécoises, canadiennes et internationales des réalités/problématiques LGBT au secteur économique et social des Nations Unies. À titre d’observateur de l’ONU pour ECOSOC, la Coalition des gais et lesbiennes du Québec est la seule ONG LGBT à disposer de ce droit auprès de l'ONU (droit d'observateur et de rapporteur à des assemblées de l'ÉCOSOC-ONU).

MISSION

Deux phases historiques

Historique de 1992 à 2006

Pour ceux et celles qui ne seraient pas familiers avec la Coalition gaie et lesbienne du Québec, il nous fait grand plaisir de vous offrir ici une présentation sommaire de notre organisme. À prime abord, la Coalition est un organisme national québécois de défense de droits, incorporée sous la partie III de la Loi sur les compagnies du Québec (OBNL). Fondée en 1992, notre organisme a pour mandat de défendre, promouvoir et représenter les droits des communautés et des personnes LGBT du Québec. Elle a célébré son 20e anniversaire au printemps 2012.

Historique de 2006 à 2014

La Coalition gaie et lesbienne du Québec s’est dotée d’un nouveau CA, constitué principalement d’organismes LGBTs du Canada. La CGLQ fait peau neuve avec ce nouveau CA et ses représentants.

Grâce au travail de personnes persévérantes et travailleuses, la CGLQ demeure depuis plusieurs années l'unique observateur québécois des réalités et des problématiques LGBT au Québec et au Canada pour l’ECOSOC-ONU.

Le privilège de son accréditation onusienne lui permet le signalement de discriminations, violences et inégalités des personnes LGBT auprès d'autres grandes institutions internationales. L’expertise de chercheur(e)s et d’intervenant(e)s associé(e)s à la CGLQ est reconnue au Québec, au Canada et à l’international. Elle est mise au service de formations spécialisées aux programmes communautaires existants pour les personnes LGBT. Elle contribue à l’élaboration de nouveaux outils de prévention/sensibilisation et de lutte contre l’homophobie (et LGBT-phobies). La CGLQ travaille avec plusieurs organismes LGBT, dont le CReACC-DiversitéS, Centre de recherches et d'activités culturelles et communautaires sur les diversités (http://creacc-diversites.org/). Il favorise le lien entre les Universités de Montréal et de l'extérieur. Il a le soutien de l’IRQR, Iranian Railtoad Queer Refugees. Enfin, ces différents savoirs mobilisés pour lutter contre l’homophobie (savoirs des professionnel(le)s de l'intervention et de la recherche) nous apparaît constituer un partage prometteur et une perspective des plus réjouissantes pour un meilleur avenir, vers un mieux vivre-ensemble!

ACTION

• Participer à des événements – conférences, consultations, débats, entrevues – qui touchent de près ou de loin aux réalités et problématiques vécues par les personnes LGBT; • Intervenir auprès des responsables politiques et sociaux concernant tout ce qui touche de près ou de loin les personnes LGBT; • Défendre les droits des personnes LGBT de manière générale ou dans des cas particuliers; • Sensibiliser la population en général aux réalités LGBT afin de diminuer et faire cesser toute forme de discrimination des personnes LGBT (intimidation et homophobie communautaires inclues); • Sensibiliser les personnes LGBT à leurs droits; • Orienter et guider les personnes LGBT dans leurs démarches en cas de discrimination; • Informer les personnes LGBT de leurs droits légaux; • Référer les personnes LGBT vers d'autres organismes selon leurs besoins. David Risse, président de la CGLQ

Défendre…

L’un des objectifs principaux de la Coalition gaie et lesbienne de Québec était de faire passer le mot « égalité » de l’utopie à la réalité. En ce sens, une grande étape a été franchie au cours des dernières années et la CGLQ a joué un rôle majeur dans l’ensemble des réalisations suivantes :

  • Travaux préparatoires à la Loi 32 ;
  • Collaboration avec les divers intervenant(e)s du Gouvernement dans le dossier de la reconnaissance des conjoints de même sexe (Ministère de la solidarité sociale et la Régie des rentes du Québec) ;
  • Présence aux auditions du Sénat canadien Loi C-23 ;
  • Intervention dans le dossier du mariage civil entre conjoint(e)s de même sexe (Canada et États-Unis) ;
  • Interventions dans plusieurs dossiers eu égard à la discrimination et à l’intimidation ;
  • Participation au Forum national sur l’Immigration et la Citoyenneté, à l’initiative du Ministère des Relations avec les citoyens et de l’immigration (présentation d’ateliers de réflexion et production d’un mémoire par le conseil exécutif de la CGLQ).
  • Etc.

Promouvoir…

Bien que les dossiers traitant d'homophobie et d’homosexualité aient fait la manchette de façon régulière au cours des dernières années, que des lois ont été adoptées, cela ne suffit pas à garantir l'égalité sociale, malgré plus d'égalité juridique. La société étant ce qu’elle est, certaines failles et certains problèmes subsistent et nous nous devons de promouvoir une équité plus complète et ce également sur un plan rétroactif (si l'on pense au Régime des rentes du Québec concernant la rente du conjoint survivant ou de la conjointe survivante à titre d’exemple). Notre travail consiste également à actualiser les campagnes d’information des personnes LGBT afin de les informer des différences qu’il y a entre les différentes unions, vis-à-vis de la majorité sociale. La Coalition a donné des conférences, séances d’informations et formations spécialisées auprès de publics très variés, touchés de près ou de loin par la cause.

Nous considérons aussi important d’appuyer et d’encourager la culture et la création LGBT au sein de la population, ainsi que de représenter l’homosexualité à travers les diffuseurs. Ceux-ci peuvent s’avérer des alliés puissants lorsque vient le temps de faire la lutte aux préjugés. N’oublions pas que l’homophobie résulte encore souvent de l’ignorance.

Promouvoir c’est également soutenir les actions de nos partenaires, motiver et outiller les associations, regroupements, organismes qui sont engagés dans la lutte collective contre la discrimination et qui emploient la prise de moyens concrets pour y parvenir.

Représenter...

Pour veiller à la bonne réalisation de ses mandats, la Coalition gaie et lesbienne du Québec travaille en étroite collaboration avec divers regroupements émergeant des communautés LGBT sur l’ensemble du territoire québécois et, autant que possible, canadien. La concertation permet alors de prendre position sur divers dossiers actuels et d’aller de l’avant. Évidemment l’ensemble de notre mission repose sur la représentation des intérêts et le respect des droits des personnes LGBT du Québec.

La Coalition se voit souvent sollicitée par les différents médias régionaux, nationaux et internationaux concernant divers sujets reliés à l’homosexualité et à l'homophobie. Nous mettons nos compétences en œuvre pour favoriser l’avancée du Québec et du Canada en matière de droits humains, attirer l’attention des médias au-delà des frontières, les renseigner précisément pour mieux capter leur intérêt pour des problématiques persistantes similaires à l'étranger.

L’Avant-garde dont il est question ici, nous a propulsés sur la scène internationale depuis plusieurs années. La Coalition gaie et lesbienne a participé à des conférences internationales, a été reconnue à plusieurs reprises en tant que chef de file en matière de droits LGBT.

À titre d'ancien membre du conseil d’administration de l’International Lesbian and Gay Association (ILGA) nous pouvions faire bénéficier d’autres pays en quête d’égalité pour les personnes LGBT de nos expériences. Il est impératif de mentionner que cet échange international régulier permet non seulement de contribuer à l’obtention de droits fondamentaux pour les pays participants, mais sert également à outiller adéquatement notre organisation afin de pouvons continuer à offrir des services répondant aux attentes des requérants/partenaires locaux.

Depuis des années, la Coalition participe aux événements internationaux suivants:

  • Participation (été 1999) à une conférence internationale à l’Université King’s College de Londres, regroupant des avocats des pays membres du Commonwealth, des juges de la cour suprême de l’Australie, de l’Afrique du Sud, du Canada, de la Grande Bretagne, du tribunal international des Nations Unies, de la Norvège et des Pays-Bas. But : Présenter le modèle québécois en matière de droits humains et reconnaissance des droits des minorités (Loi 32);
  • En collaboration avec Tourisme Montréal, la Coalition rencontre la presse gaie Nord américaine afin de les informer sur le statut "gay friendly" de la métropole et les informer de la Loi32
  • Participation aux diverses conférences mondiales de l’ILGA en Afrique du Sud, États-Unis, Italie, Suisse, etc;
  • Assistance à l’Équateur, l’Ouganda, Fidji, l’état du Vermont entre autres, dans leur quête vers l’égalité des personnes LGBT
  • Participation au Forum du millénaire des Nations Unies en mai 2000 (Inclusion de la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle dans la déclaration des NGO participants au forum). Cette déclaration a été présentée aux chefs d’état et de gouvernement rassemblés à New York pour le sommet du millénaire.
  • Création de l’espace francophone de L’ILGA avec des groupes gais francophones et francophiles lors de la Conférence mondiale de l’ILGA à Rome
  • Participation à la conférence « Creating Change » à Atlanta 2000 et à la conférence de l’International Network of Gay and Lesbian Officials à Pheonix (Arizona);
  • Remise à Me Claudine Ouellet (ex-directrice générale de la CGLQ) du Prix Tupilak d’or (prix remis annuellement en Suède) pour sa participation très active à New York avant et pendant le Forum du millénaire des ONG dans l’élaboration d’une Déclaration commune de tous les participants, sur les droits politiques, sociaux et culturels des homosexuel(le)s;
  • Intervention dans diverses conférences américaines regroupant des centaines d’activistes LGBT. (National Task Force) ;
  • Nous présenterons des ateliers de forations dans le cadre de la Conférence des OutGames de Montréal (2006) ;
  • L'ancien directeur général de la CGLQ, Me Lapointe, a fait parti du Comité scientifique international de la Conférence sur les droits LGBT des Out Games de Montréal (2006) ;
  • Obtention de la 24ème Conférence mondiale de l’ILGA dans la Ville de Québec pour 2008 (célébrant à l'occasion le 400ème anniversaire de la Ville de Québec) ;
  • Travail à l’obtention du statut d’ONG à l’ÉCOSOC (Secteur Économique et Social des Nations Unies) ; OBTENUE
  • Participation au Forum social des peuples d'Ottawa (août 2014) et animation d'ateliers sur le vieillissement et la diversité, ainsi que sur l'éducation antisexiste et antiraciste;
  • Etc.


Formation des groupes et des professionnels

Ateliers de formation

Nous savons toutes et tous que l’homophobie résulte de l’ignorance. C’est pourquoi nous avons élaboré divers ateliers de formations spécialisés offerts à des groupes ciblés afin de démystifier l’homosexualité et de mettre en valeur les enjeux que vivent les personnes LGBT au quotidien dans notre société. Dans cette optique, il est plus facile pour les membres de l’assistance à ces ateliers de voir la réalité sous un autre angle. L’ambiance et le format favorisent la pose de questions, qu'il n’aurait probablement pas été possible de poser dans un autre cadre.

Nous offrons de la formation à tous les groupes qui en font la demande. Jusqu’ici nous avons une acquis une expérience notable auprès de groupes scolaires collégiaux et universitaires, des associations professionnelles, des corps policiers et des groupes communautaires.

Formation des forces policières

Les années 2005 et 2006 ont été particulièrement marquées par un programme de formation majeure, réalisée auprès de tou(te)s les membres des forces policières de la Ville de Québec. Au total, quelques 800 personnes ont bénéficié de cette formation par petits groupes de 8 à 10 personnes. Le succès de ces rencontres fut tellement considérable que notre directeur général s’est vu inviter au Congrès annuel des forces policières, afin de présenter le modèle de formation aux services des autres municipalités québécoises. Depuis lors, bon nombre d’entre elles ont manifesté un grand intérêt pour ce programme de formation.

Les sociologues ont compté les couples de même sexe en Russie.


La communauté LGBT de Russie a estimé le nombre de couples de même sexe vivant ensemble.

Un sondage Gallup réalisé aux États-Unis a montré que le nombre de couples de même sexe vivant ensemble est beaucoup plus élevé qu'on ne le pensait. Aucune statistique de ce type n'est officiellement tenue en Russie. "Gazeta.Ru" a interrogé les organisations LGBT russes, pour savoir combien de couples dans notre pays pouvaient avoir un ménage pour deux.

Le think tank international Gallup a publié vendredi les résultats d'une enquête de plusieurs mois sur le nombre de couples LGBT qui vivent ensemble dans le même foyer et partagent un ménage. L'enquête a commencé en janvier et ne s'est terminée que le 19 avril. Les chercheurs ont interrogé plus de 80 500 personnes âgées de 18 ans et plus vivant dans 50 États américains et dans le district de Columbia. Il s'est avéré que 0,3 % des personnes interrogées se sont identifiées comme un couple de même sexe. Les sociologues ont extrapolé les résultats à l'ensemble de la société américaine. 0,3% s'est avéré être près de deux millions de personnes.


En conséquence, ont conclu les sociologues, il y a environ un million de couples de même sexe aux États-Unis qui vivent ensemble. 990 000 pour être exact.

Ce chiffre est plus élevé que celui obtenu par le personnel du Bureau du recensement des États-Unis, interrogeant les résidents des États en 2013. À l'époque, on supposait que le nombre de couples de même sexe vivant ensemble était de 727 000. Toutefois, le bureau a assuré que ce chiffre pouvait ne pas être fiable, car certains Américains hétérosexuels ont pu confondre la cellule qui détermine le sexe du conjoint. 

En outre, les experts ont calculé le nombre de couples de même sexe officiellement mariés. Selon le Bureau du recensement, plus de 250 000 partenaires sont mariés, tandis que Gallup a avancé le chiffre de 390 000 couples.

Aucune enquête de ce type n'est menée en Russie. "Comme vous pouvez l'imaginer, aucune statistique de ce type n'est disponible - ni au niveau du gouvernement, ni au niveau des organisations à but non lucratif - parce que nous n'avons tout simplement pas les ressources nécessaires pour tenir de telles statistiques", a déclaré Pavel Samburov, un militant de l'association Rainbow.

Néanmoins, lorsqu'on leur demande combien de couples de même sexe ils connaissent et vivent ensemble, les personnes interrogées citent immédiatement de gros chiffres - des dizaines ou plus.

"Mes connaissances sont très nombreuses, nous parlons de dizaines de couples qui vivent ensemble", a expliqué à Gazeta.Ru Igor Kochetkov, chef de l'Union LGBT russe. Il a ajouté que nous ne parlons pas seulement de Saint-Pétersbourg, où l'organisation est basée, mais aussi d'autres villes russes.

"J'ai de nombreuses connaissances qui vivent ensemble à Saint-Pétersbourg - environ 40 couples. Je suis moi-même originaire d'Ulyanovsk, et je connais environ deux douzaines de couples là-bas", a déclaré  Marina Kozlovskaya, représentante de l'organisation LGBT Coming Out à Saint-Pétersbourg.

Pavel Samburov, un habitant de Moscou, a déclaré que parmi ses connaissances, il y a plusieurs dizaines de couples qui vivent ensemble et ont un foyer commun. "Il y a plus de couples féminins, mais il y a aussi des couples masculins. Ils vivent principalement à Moscou. S'il s'agit de Moscovites de souche, ils vivent dans leur appartement avec leur partenaire, s'il s'agit de nouveaux arrivants, ils louent un appartement ou une chambre dans les quartiers des chambres. Pour la plupart, ce sont des adultes, plus ou moins établis dans la vie. En règle générale, leurs proches savent qu'ils vivent avec leur partenaire. Parmi mes connaissances, il y a plus d'ouverts (gays et lesbiennes) que de fermés", a expliqué un représentant de l'association Arc-en-ciel.

"Je connais personnellement plus de dix couples à Tumen, peut-être 15, qui vivent ensemble", a déclaré Marina Gerts, une représentante de l'organisation Rainbow House à Tumen. - Ils préfèrent ne pas en parler à leur famille. Pour autant que je sache, seuls cinq couples ont informé leurs familles.

Cependant, à Mourmansk, comme l'a noté Sergey Alexeenko, responsable du centre LGBT local "Maximum", le nombre de couples homosexuels vivant ensemble s'élève à plusieurs centaines.

"En tant que responsable de l'organisation, j'en connais beaucoup. À Mourmansk, il y a plusieurs centaines de couples, sans aucun doute. Ils vivent ensemble - certains dans leur propre logement, d'autres dans un logement loué. Il y a beaucoup de femmes avec des enfants qui peuvent être appelées mères célibataires de par leur statut social - certaines d'entre elles étaient mariées, d'autres non. Ils mènent un style de vie secret, ils disent à leur famille que leur partenaire n'est qu'un ami qui est passé leur rendre visite", explique Alexeenko. Il offre un autre exemple : "On pense que les homosexuels représentent 5% de la population. À Mourmansk en Russie, il y a 300 000 personnes, ce qui signifie que 5 % représentent 15 000 personnes. Pensez-vous qu'au moins un dixième d'entre eux ne vivent pas ensemble ?"

Si vous utilisez les recherches de Gallup, 0,3 % des 300 000 habitants de Mourmansk représenterait 900 personnes, soit 450 couples de même sexe qui pourraient vivre ensemble. Et si l'on extrapole ce chiffre à l'ensemble de la Russie, alors 0,3% de 142 millions - soit 428,5 mille personnes. Cela représente environ 214 000 couples de même sexe qui vivent dans le même ménage.

 

Anna Sharygina : "J'attends qu'il soit possible de dire "je suis lesbienne" en Ukraine.

Anna Sharygina est une personne qui s'est construite toute seule. Chacun de ses discours et chacune de ses actions pour défendre les droits des lesbiennes sont empreints d'une intégrité d'acier, d'arguments de fer et d'un peu de douleur - le peu de soutien dont bénéficie la communauté LGBT.

La militante des droits de l'homme et psychologue Anna Sharygina dit ironiquement d'elle-même qu'"elle a commencé à faire du bénévolat lorsque ce mot n'était pas encore utilisé". En 2006, elle a été diplômée de l'école des droits de l'homme Docudays et a reçu une formation publique au forum lesbien russe "Volga", puis elle a continué à donner des conseils psychologiques au portail ukrainien "Feminism" avec Laima Gaydar.

Par la suite, avec des femmes partageant les mêmes idées, elles ont fondé l'organisation lesbienne "Sphere" à Kharkiv. Anna Sharygina a terminé ses études de troisième cycle à l'université nationale de Kharkiv ; le sujet de sa recherche était l'identité de genre et l'orientation sexuelle. Elle a défendu ses travaux scientifiques à une époque où la société ukrainienne n'avait pas beaucoup entendu parler de ces termes et où les députés n'avaient pas encore "peur" de les prononcer.

...Notre conversation a eu lieu à la veille de la Kyiv Pride - Anna Sharygina a parlé franchement de ses rêves, des problèmes du mouvement LGBT, de la discrimination à l'égard des femmes et des défis de la maternité.

Voici le discours direct.

"JE N'AI PAS DE MARI, J'AI UNE PETITE AMIE".

Il n'y a pas de mouvement lesbien en Ukraine. Nous ne pouvons parler haut et fort de son existence que lorsque nous pouvons dire "Je suis lesbienne" au niveau du foyer en toute sécurité et sans nous attendre à être condamnés.

J'ai été très frappé par une affaire qui est récemment arrivée à Galina Kornienko et à sa bien-aimée Natalia. Les filles sont parties en vacances ensemble et Galina a été battue par un homme parce qu'elle était... lesbienne. Ils ont réussi à appeler la police à la troisième tentative, mais ne sont pas intervenus...

Beaucoup de gens disent : je suis ouvertement gay ou ouvertement transgenre. Mais ce que les filles ont fait - reste un fantasme pour l'Ukraine. Galina et Natalia ont réalisé honnêtement la franchise, elles n'ont absolument rien à cacher. Ils n'ont pas commencé à cacher la question idiote "Où est votre mari ?", en répondant "Oh, nos maris sont en voyage d'affaires..." ou "nous sommes amis", comme ils le font habituellement.

J'admire l'acte de la candidate de "The Voice of the Country", Agata Vilchik, qui a répondu : "Je n'ai pas de mari, j'ai une petite amie." C'est une véritable ouverture d'esprit au quotidien ! Mais pour Galina et Natalia, cela a eu des conséquences dangereuses.

 


"Aujourd'hui, je ne suis pas prête à renoncer à moi-même."


...J'avais l'habitude de penser que si je portais une jupe et des talons, il me serait plus facile d'entrer dans un public patriarcal hétéro-normatif avec des thèmes liés aux droits de l'homme et que je serais mieux entendue. Aujourd'hui, je réalise que je ne suis pas prêt à me compromettre, que je ne parviendrai pas à changer grand-chose en faisant des compromis.

Les discussions polies font peu de différence. Il n'est pas rare d'entendre après de telles conversations : "Eh bien, oui, je connais une lesbienne - elle est à la fois gentille et normale... Je veux juste qu'elles gardent la tête basse.

D'après mon expérience, si vous faites un mouvement brusque, cela attire l'attention, et si vous y ajoutez un argument sérieux, cela a un résultat rapide.

Il y a une dizaine d'années, le mouvement lesbien était tout au plus un mouvement de proximité, organisant trois camps lesbiens-féministes, participant à des événements thématiques ...

À cette époque, deux points de vue dominants s'affrontent sur la manière dont les femmes homosexuelles doivent faire valoir leurs droits.

Une partie a insisté sur le fait que la communauté veut s'amuser, veut faire du sport (football, volley-ball, basket-ball), alors faisons-le. Et l'organisation Energo, qui organise des compétitions sportives, a adopté cette position jusqu'à ce jour. Pour eux, il n'est pas prioritaire de parler publiquement de leur orientation sexuelle, l'essentiel étant de répondre à leurs propres besoins et de le faire dans un cercle où ils sont à l'aise.

Une autre partie du mouvement lesbien a parlé des besoins éducatifs. Notre organisation "Sphere" à Kharkov et à l'époque "Insight" à Kiev défendaient les droits des lesbiennes. C'est tout.

Toutes les autres organisations se sont positionnées davantage par rapport aux LGBT (en général - lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres). Et la raison en est le financement, aussi malheureux que cela puisse être.

Par exemple, les services de lutte contre le VIH ont été plus disposés à donner de l'argent pour traiter les problèmes liés aux hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Et le manque de financement durable a forcé les organisations de la société civile à se concentrer spécifiquement sur les problèmes des HSH.

Il y a environ cinq ans, certains changements ont eu lieu. Lors d'une des conférences LGBT, où j'étais invitée par la responsable d'Insight, Elena Shevchenko, j'ai fait une présentation sur les lesbiennes. C'était très intéressant pour moi. Parce que c'était à propos de moi. J'ai parlé du fait que l'Ukraine n'a pas créé d'opportunités pour les femmes ukrainiennes dans le mouvement LGBT, nous n'en avons que pour les gays. Et après le discours, un merveilleux coach d'Estonie m'a demandé : "Eh bien, qui devrait créer ces opportunités pour vous - prenez-les et faites-les". 

C'est à partir de cette époque, je dirais, que le thème des lesbiennes commence à être plus activement introduit. Cependant, cela ne crée pas pour autant un mouvement lesbien. Il me semble qu'il nous manque beaucoup de choses pour que cela se produise.

Si vous regardez le mouvement gay, il y a quatre composantes. La première est l'éducation. Le second est la publicité, l'influence sur l'opinion publique, les campagnes et les relations publiques. La troisième composante est le travail législatif.

Et le quatrième ... est le divertissement. Il s'agit d'un secteur très puissant qui nécessite une coopération avec les entreprises. En fait, le divertissement et le développement des entreprises LGBT est un élément important qui nous manque, à nous les lesbiennes.


"Les lesbiennes en tant que femmes, qui gagnent moins, rejettent complètement le besoin de divertissement ... par manque de fonds".
Examinons maintenant les réalités ukrainiennes. Les lesbiennes comme les femmes qui gagnent moins rejettent complètement le besoin de divertissement... par manque de moyens. On met généralement le divertissement en plus d'autre chose. Par exemple, les réunions de famille. Pour les lesbiennes, il est considéré comme plus acceptable de traîner en couple, nous allons très rarement dans les clubs seules.

Il y a aussi la peur que les petites amies des uns et des autres soient enlevées. Et pour conserver cette relation, nous préférons rester à la maison. Je vous raconte à nouveau la position de certaines femmes dans la communauté, du moins à Kharkov. Et ces peurs sont très fortes.

TRIPLE DISCRIMINATION

Un autre point est que dans les quelques clubs gay de Kharkiv, l'entrée pour les femmes est... plus chère que pour les hommes. Et c'est un peu étrange. Après tout, il n'est pas vrai que les femmes gagnent plus. Cela signifie que les clubs se positionnent de manière à ce que l'on ne veuille pas voir de femmes ici.

Si vous regardez bien, la lesbienne ukrainienne subit une triple discrimination. En tant que femme, en tant que femme homosexuelle, et il y a aussi une discrimination interne dans le mouvement LGBT. Je suis un peu mal à l'aise pour en parler, du genre : "Qui a la vie facile aujourd'hui ?"

Surtout après mon post sur Facebook à l'occasion de la Journée internationale de la visibilité des lesbiennes, où je parlais de la discrimination à notre égard, certaines femmes trans ont commencé à m'envoyer des textos : "Tu n'as pas encore idée que les femmes trans sont en fait plus mal loties."

Je ne veux enlever à personne le privilège de vivre la pire des vies. Il ne s'agit pas de ça. Il s'agit de la discrimination : elle existe et il faut faire quelque chose pour y remédier. 


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