Violence conjugale LGBTQ+ au Québec : entretien et ressources 2026
En bref : La violence conjugale touche aussi les couples LGBTQ+ et demeure largement sous-déclarée. Selon les données reprises par l'INSPQ, les personnes gaies et lesbiennes étaient environ 2 fois plus susceptibles de déclarer des violences physiques ou sexuelles par un partenaire, et les personnes bisexuelles environ 4 fois plus. L'outing, le mégenrage et l'accès inégal aux refuges compliquent souvent la recherche d'aide.
Contexte de l'entretien
La réponse courte est claire : la violence conjugale existe dans les couples LGBTQ+ au Québec, et les données disponibles suggèrent une prévalence au moins comparable, souvent supérieure, à celle observée dans les couples hétérosexuels. Pourtant, le phénomène demeure mal mesuré. En 2024, 28 560 personnes ont été victimes d'une infraction contre la personne en contexte conjugal au Québec, dont 21 410 d'une infraction violente susceptible de causer des blessures. Ces données ne permettent toutefois pas toujours de connaître l'orientation sexuelle, l'identité de genre ou la configuration du couple.
Pour mieux comprendre ce que les chiffres ne disent pas, la Coalition gaie et lesbienne du Québec s'entretient avec Nadia Fontaine, intervenante en violence conjugale dans le milieu communautaire montréalais. Elle aborde les réalités propres aux personnes LGBTQ+, dont les menaces de dévoilement, le mégenrage, la dépendance aux soins et la crainte de ne pas être crue. L'objectif n'est pas de mettre les personnes dans des cases, mais d'outiller celles qui vivent une situation inquiétante, ainsi que leur entourage, afin qu'elles puissent trouver une aide respectueuse et sécuritaire.
L'entretien avec Nadia Fontaine
Journaliste : Pourquoi faut-il parler de violence conjugale LGBTQ+ sans la présenter comme une réalité marginale?
Nadia :Parce qu'elle n'est pas marginale pour les personnes qui la vivent, même si elle reste insuffisamment visible dans les statistiques et dans les services. L'INSPQ souligne que l'ampleur exacte est difficile à établir, notamment parce que le sujet a été peu étudié. Les données disponibles indiquent toutefois que les violences dans les couples gais et lesbiens sont probablement au moins aussi fréquentes que dans les couples hétérosexuels.
Les chiffres repris par l'INSPQ sont particulièrement révélateurs : les personnes gaies et lesbiennes étaient environ 2 fois plus susceptibles que les personnes hétérosexuelles de déclarer des violences physiques ou sexuelles commises par un partenaire. Chez les personnes bisexuelles, ce risque déclaré était environ 4 fois plus élevé. Il faut entendre ces données comme un signal d'alarme, pas comme un classement des souffrances. Elles ne signifient pas que les autres groupes sont à l'abri : les personnes trans, non binaires ou bispirituelles sont souvent moins bien recensées.
Dans mon travail, le premier frein est souvent le doute. Des gens pensent qu'une relation entre deux hommes, deux femmes ou des personnes de genres divers ne peut pas reproduire une dynamique de contrôle. Or, la violence conjugale ne dépend pas du genre des partenaires : elle repose sur la peur, l'isolement, le contrôle et l'atteinte à l'autonomie.
Journaliste : Quels gestes ou comportements devraient alerter une personne qui se demande si elle vit de la violence?
Nadia :Il ne faut pas attendre une agression physique pour demander de l'aide. La violence peut être psychologique, sexuelle, économique, numérique ou physique. Dans une relation LGBTQ+, elle peut aussi emprunter des moyens très ciblés : menacer de révéler l'orientation sexuelle, l'identité trans ou le statut sérologique à la famille, au travail ou dans la communauté; employer volontairement le deadname ou les mauvais pronoms; rabaisser une transition; empêcher l'accès aux hormones, aux soins ou aux documents d'identité.
J'invite les personnes à regarder la dynamique plutôt qu'un incident isolé. Est-ce que l'autre surveille vos messages, décide qui vous voyez, vous coupe de votre réseau, vous fait craindre sa réaction si vous refusez quelque chose? Est-ce que vous modifiez vos habitudes pour éviter une crise? Lorsqu'une personne contrôle l'argent, les déplacements, les soins ou le téléphone, ce n'est pas une simple chicane de couple.
Un piège fréquent est l'idée qu'il s'agit d'une « dispute entre égaux ». Deux partenaires peuvent se crier après, mais cela n'efface pas une dynamique de contrôle coercitif. Une personne peut aussi se défendre physiquement. La réaction de protection ne transforme pas automatiquement la victime en personne responsable de la violence.
Journaliste : Vous insistez sur l'outing. En quoi cette menace peut-elle devenir un outil de contrôle?
Nadia :L'outing forcé peut être extrêmement puissant parce qu'il vise la sécurité sociale, familiale, professionnelle ou religieuse d'une personne. L'agresseur peut dire : « Si tu pars, je vais le dire à ta famille », « je vais écrire à ton employeur » ou « je vais dévoiler ton statut sérologique ». Même si la menace n'est jamais mise à exécution, elle peut suffire à empêcher quelqu'un de quitter, de consulter ou de porter plainte.
Le contrôle peut aussi viser un processus d'immigration, la garde d'un enfant, l'accès à un logement ou l'appartenance à un petit réseau communautaire. Dans une région ou dans un cercle social restreint, quitter une relation peut donner l'impression de perdre toute sa communauté en même temps. C'est pourquoi il faut éviter les conseils expéditifs comme « pars tout de suite ». La sécurité demeure prioritaire, mais un départ se prépare parfois avec discrétion.
Au Québec, dénoncer peut obliger une personne à révéler une orientation sexuelle ou une identité de genre qu'elle ne souhaite pas dévoiler. Cette réalité peut retarder la demande d'aide. Cela ne veut pas dire qu'elle est seule : on peut commencer par parler à une ressource, évaluer les risques et choisir ce qui peut être communiqué, à qui et à quel moment.
Journaliste : Pourquoi les personnes bisexuelles et les hommes gais semblent-ils particulièrement exposés dans les données disponibles?
Nadia :Les données citées par l'INSPQ montrent une surexposition déclarée chez les personnes bisexuelles, environ 4 fois plus susceptibles de rapporter des violences physiques ou sexuelles qu'une personne hétérosexuelle, et chez les personnes gaies et lesbiennes, environ 2 fois plus. Elles montrent aussi une exposition marquée des hommes gais et des personnes bisexuelles. Mais il faut être prudent : ce sont des données utiles, pas un portrait complet de toutes les réalités.
Les personnes bisexuelles peuvent composer avec la biphobie, l'invalidation de leur identité et l'isolement. Une partenaire ou un partenaire peut s'en servir pour les déstabiliser : remettre en question leur orientation, les accuser sans cesse d'infidélité ou prétendre que personne ne les croira. Ce sont des mécanismes de contrôle, pas des traits inévitables d'une relation.
Il serait dangereux de conclure que les femmes lesbiennes, les personnes trans, non binaires, racisées, immigrantes, handicapées ou bispirituelles sont moins à risque. Plusieurs sont moins recensées ou rencontrent davantage de barrières. Les statistiques doivent donc servir à améliorer l'accès à l'aide, jamais à décider qui mérite d'être cru.
Journaliste : Qu'est-ce qui empêche le plus souvent une victime de demander de l'aide ou de porter plainte?
Nadia :La peur de l'agresseur est réelle, mais elle n'explique pas tout. Beaucoup craignent d'être mégenrées, de devoir expliquer leur identité avant de pouvoir raconter les faits, ou de ne pas être crues. D'autres ont déjà eu de mauvaises expériences avec la police, les tribunaux, les services sociaux ou les refuges. La discrimination anticipée peut être aussi paralysante que la discrimination vécue.
Il y a aussi la peur que les intervenant·es ou les policiers voient deux partenaires comme également responsables, surtout si la victime a repoussé l'autre ou s'est défendue. Certaines personnes redoutent d'alimenter des préjugés voulant que les couples LGBTQ+ seraient violents ou instables. Elles peuvent donc choisir le silence pour protéger leur communauté, alors que la responsabilité de la violence appartient à la personne qui l'exerce.
La dépendance financière, un statut migratoire précaire, l'accès aux hormones ou à d'autres soins, les enfants, les animaux et le logement compliquent aussi les choix. Le Code criminel protège les victimes sans distinction d'orientation sexuelle, et les conjoints de même sexe ont les mêmes droits que les couples hétérosexuels. Connaître ce principe peut aider, mais une personne n'a pas à faire seule le tour de ces obstacles.
Journaliste : Que peut faire une personne qui ne se sent pas prête à quitter ou à faire une plainte?
Nadia :Elle peut demander de l'aide sans prendre une décision immédiate. Appeler SOS violence conjugale au 1 800 363-9010 permet de parler de la situation, d'être écoutée et orientée vers des ressources ou des maisons d'hébergement. Le service téléphonique est offert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Des modalités de texto et de clavardage existent aussi en complément de la ligne téléphonique.
On peut utiliser cet appel pour bâtir un plan de sécurité adapté : identifier une personne de confiance, réfléchir à un lieu où aller, préparer ce qui est essentiel ou établir une manière sécuritaire de communiquer. Il faut cependant tenir compte de la surveillance numérique. Si l'autre consulte le téléphone, les courriels ou l'historique de navigation, il est préférable d'utiliser un appareil sécuritaire, par exemple celui d'une personne de confiance ou d'un lieu public.
La personne garde le contrôle de ses décisions. Demander conseil n'oblige pas à appeler la police ni à quitter le jour même. En situation de danger immédiat, la priorité change : quitter les lieux si possible, ne pas annoncer son départ si cela augmente le risque et composer le 911.
Journaliste : Les maisons d'hébergement sont-elles réellement accessibles à toutes les personnes LGBTQ+?
Nadia :L'hébergement peut être une solution importante, mais l'accès n'est pas uniforme. Les maisons membres de la Fédération des maisons d'hébergement pour femmes offrent un hébergement sécuritaire, du soutien psychosocial, de l'accompagnement juridique et de l'aide après la séparation. Toutefois, il faut vérifier au cas par cas l'accueil des personnes trans, non binaires ou de configurations familiales particulières.
Avant de se déplacer, j'encourage les personnes à poser des questions concrètes : la maison accueille-t-elle les hommes, les personnes trans et non binaires? Les enfants peuvent-ils venir? Les animaux sont-ils acceptés? Le personnel est-il formé aux réalités LGBTQ+? L'identité et l'orientation seront-elles protégées dans les communications? Peut-on obtenir de l'accompagnement pour porter plainte? Ces questions ne sont pas exigeantes : elles sont nécessaires pour que l'aide soit sécuritaire.
Si le refuge recherché n'est pas accessible dans la région, il faut demander quelles autres options existent. SOS violence conjugale peut orienter vers des ressources, et le 211 Québec peut aider à repérer des services communautaires et sociaux locaux. L'important est de ne pas conclure trop vite qu'il n'y a aucune porte ouverte.
Journaliste : Quel rôle le CAVAC peut-il jouer pour une personne LGBTQ+ qui veut comprendre ses recours?
Nadia :Le CAVAC peut offrir un accompagnement aux victimes d'actes criminels, de l'information sur les démarches, du soutien psychosocial et de l'orientation juridique. Son numéro est le 1 866 532-2822. C'est une ressource utile lorsqu'une personne se demande ce qu'implique une plainte, souhaite être accompagnée dans ses démarches ou cherche à mieux comprendre ses droits sans devoir tout régler d'un coup.
Une personne peut préciser ses besoins dès le départ : respect de son nom et de ses pronoms, confidentialité concernant son orientation ou son identité, crainte d'être confrontée à son partenaire, besoin d'information sur les étapes. Nommer ces besoins aide l'intervenant·e à adapter l'accompagnement. Si l'expérience n'est pas satisfaisante, il demeure légitime de chercher une autre personne-ressource ou de demander que les faits soient traités avec respect.
Pour un soutien psychosocial et une orientation régionale, Info-Social est accessible au 811. Les personnes autochtones 2ELGBTQIA+ peuvent aussi vérifier les ressources locales autochtones, bispirituelles ou les centres d'amitié, selon ce qui est disponible dans leur région et ce qui leur paraît culturellement sécurisant.
Journaliste : Comment l'entourage peut-il aider sans mettre la personne davantage en danger?
Nadia :L'entourage peut faire une grande différence en écoutant sans exiger de preuve ni imposer une décision. Une phrase comme « Je te crois, tu ne mérites pas ça, on peut regarder les options ensemble » est souvent plus utile que « Tu dois partir maintenant ». Il faut éviter de confronter l'agresseur, de lui écrire ou de lui annoncer qu'on connaît la situation : cela peut augmenter le risque pour la personne visée.
Offrez une aide précise et discrète : un endroit où téléphoner, le prêt d'un appareil sécuritaire, un transport, la garde temporaire d'un animal si cela est possible, ou la présence lors d'un appel à une ressource. Avant d'envoyer des messages sur la situation, demandez toujours si les communications sont surveillées. Ne laissez pas non plus de traces visibles qui pourraient être découvertes par l'autre partenaire.
La violence affecte aussi la santé mentale, l'isolement et le sentiment d'appartenance. Pour compléter une démarche, on peut consulter le stress minoritaire et les ressources de soutien en santé mentale LGBTQ+ au Québec. Mais dans une urgence, la consigne demeure simple : le 911, puis une demande d'aide adaptée dès que la personne est en sécurité.
Reconnaître une dynamique de contrôle
La violence conjugale ne se résume pas aux blessures visibles. Elle peut s'installer graduellement par des insultes, des menaces, la surveillance des communications, le contrôle de l'argent, des déplacements ou des fréquentations. Dans les couples LGBTQ+, les gestes de domination peuvent cibler ce qui rend une personne plus vulnérable : sa transition, son statut sérologique, son parcours migratoire, son accès aux soins ou son lien avec une communauté restreinte.
Il est utile de se poser des questions simples : est-ce que je peux dire non sans craindre une punition? Est-ce que je peux voir mes proches sans devoir me justifier? Est-ce que l'autre contrôle mes médicaments, mes hormones, mes papiers ou mon téléphone? Est-ce que je me sens constamment obligé·e de minimiser ce qui se passe? Ces questions ne servent pas à poser un diagnostic sur une relation; elles permettent de reconnaître quand la peur et le contrôle prennent trop de place.
Le mégenrage répété, l'utilisation du deadname ou les humiliations liées à l'orientation ne sont pas des maladresses lorsqu'ils sont utilisés pour rabaisser, isoler ou contrôler. De même, menacer de dévoiler une identité, une orientation ou un statut sérologique constitue une forme de pression sérieuse. Pour les jeunes, les ressources décrites dans l'aide d'urgence et les lignes d'écoute pour les jeunes LGBTQ+ peuvent s'ajouter aux services de violence conjugale.
Ressources immédiates et accompagnement
Quand une situation devient inquiétante, il n'est pas nécessaire d'avoir tous les détails en ordre pour appeler. SOS violence conjugale, au 1 800 363-9010, est accessible 24 h/24, 7 j/7. Le service offre écoute, aide et orientation vers les ressources et les maisons d'hébergement. Des options de texto et de clavardage sont également proposées selon les modalités de l'organisme, ce qui peut être utile lorsque téléphoner n'est pas sécuritaire.
| Ressource | Pour quoi faire | Coordonnées |
|---|---|---|
| SOS violence conjugale | Écoute, sécurité, orientation et hébergement | 1 800 363-9010, 24 h/24, 7 j/7 |
| CAVAC | Soutien aux victimes, information et orientation juridique | 1 866 532-2822 |
| Info-Social | Soutien psychosocial et services régionaux | 811 |
| Urgence | Danger immédiat et intervention policière | 911 |
Le 211 Québec peut aussi aider à repérer des ressources communautaires et sociales locales. Pour élargir sa recherche de soins et de soutien, vous pouvez consulter l'annuaire des cliniques et lignes d'écoute LGBTQ+ du Québec. Une demande d'information ne vous engage pas à porter plainte : elle peut être la première étape d'un plan plus sécuritaire.
Hébergement : vérifier avant de se déplacer
Les maisons d'hébergement peuvent procurer un lieu sécuritaire, du soutien psychosocial, de l'accompagnement juridique et de l'aide après la séparation. Les maisons membres de la Fédération des maisons d'hébergement pour femmes constituent une avenue importante. Toutefois, l'accessibilité varie selon les lieux et les besoins : accueil des hommes, des personnes trans ou non binaires, présence d'enfants, hébergement des animaux et modalités de confidentialité.
Cette variabilité ne devrait jamais faire porter à une personne la responsabilité de se débrouiller seule. Elle peut appeler SOS violence conjugale pour être orientée, expliquer ses besoins et vérifier les options. Il est aussi possible de demander s'il existe une solution lorsque le refuge spécialisé ou inclusif recherché n'est pas accessible dans la région. La sécurité et le respect de l'identité doivent faire partie de la discussion dès le premier contact.
- Demandez qui peut être admis : adultes, enfants, animaux et configurations familiales particulières.
- Vérifiez comment le nom, les pronoms, l'identité et l'orientation seront protégés dans les communications.
- Demandez si le personnel connaît les réalités LGBTQ+ et si un accompagnement vers une plainte est possible.
Les besoins peuvent aussi différer pour les femmes lesbiennes et leurs proches; il peut être pertinent de connaître les ressources de la communauté lesbienne au Québec en complément des services d'urgence. L'essentiel reste de choisir une démarche qui n'accroît pas le danger.
Plainte, confidentialité et sécurité numérique
Une plainte n'est pas la seule porte d'entrée vers l'aide, mais elle peut être envisagée avec du soutien. Le Code criminel protège les victimes sans distinction d'orientation sexuelle, et les conjoints de même sexe disposent des mêmes droits que les couples hétérosexuels. Le CAVAC, au 1 866 532-2822, peut expliquer les démarches, offrir un soutien psychosocial et orienter vers de l'information juridique.
Si vous contactez le 911 en urgence, vous pouvez préciser, lorsque cela est possible, qu'il s'agit de violence conjugale et que votre identité LGBTQ+ doit être traitée confidentiellement. Il est aussi raisonnable de demander le respect de votre nom et de vos pronoms. Une expérience antérieure difficile ne retire pas votre droit à un accueil digne et à des services qui s'en tiennent aux faits.
La sécurité numérique mérite une attention particulière. Si le partenaire surveille le téléphone, les réseaux sociaux, les courriels ou les comptes partagés, utilisez un appareil sécuritaire pour chercher de l'aide. Évitez d'annoncer un départ si cela augmente le risque. Conservez seulement ce qui est sécuritaire de conserver et privilégiez un plan élaboré avec une ressource plutôt que des gestes qui pourraient être découverts.
Soutenir sans juger ni exposer
Lorsqu'une proche personne se confie, le réflexe le plus utile consiste à croire son récit, à écouter et à demander ce dont elle a besoin maintenant. La violence peut avoir miné sa confiance et son réseau; remettre son expérience en question ou exiger qu'elle parte immédiatement peut renforcer son isolement. Vous pouvez dire : « Je suis là, je te crois, on peut appeler ensemble si tu le souhaites. »
Évitez de contacter ou de confronter le partenaire violent. Même avec de bonnes intentions, cela peut mener à des représailles. Offrez plutôt du soutien concret et discret : un lieu pour faire un appel, un transport, une présence lors d'une démarche, ou de l'aide pour repérer les ressources. Demandez toujours si les appels, textos et courriels sont sécuritaires avant d'envoyer de l'information.
Les familles et les proches peuvent aussi avoir besoin de repères pour accompagner sans s'épuiser ni prendre de risques. À titre de lecture complémentaire, on peut consulter le soutien aux familles et aux proches aidants. En cas de danger immédiat, ne tentez pas de gérer seul·e la situation : appelez le 911 et cherchez ensuite une orientation auprès des services appropriés.
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Questions fréquentes
La violence conjugale LGBTQ+ est-elle aussi fréquente que dans les couples hétérosexuels?
Les données demeurent limitées et la sous-déclaration est importante. L'INSPQ indique toutefois que les violences dans les couples gais et lesbiens sont probablement au moins aussi fréquentes que dans les couples hétérosexuels. Les données reprises montrent aussi que les personnes gaies et lesbiennes étaient environ 2 fois plus susceptibles de déclarer des violences physiques ou sexuelles, et les personnes bisexuelles environ 4 fois plus.
Puis-je appeler SOS violence conjugale même si je ne suis pas prêt·e à partir?
Oui. SOS violence conjugale offre écoute, aide et orientation au 1 800 363-9010, 24 h/24, 7 j/7. Appeler ne vous oblige pas à quitter, à porter plainte ou à révéler toute votre situation. Le service peut aider à évaluer les risques, à planifier des gestes de sécurité et à repérer une ressource ou une maison d'hébergement adaptée.
Que faire si mon partenaire menace de dévoiler mon orientation ou mon identité trans?
Une menace d'outing peut être un outil de contrôle sérieux. Vous pouvez en parler de façon confidentielle à SOS violence conjugale au 1 800 363-9010 ou à une ressource locale. Si votre téléphone ou vos comptes sont surveillés, utilisez un appareil sécuritaire. En danger immédiat, quittez les lieux si possible et composez le 911.
Toutes les maisons d'hébergement accueillent-elles les personnes trans, non binaires ou les hommes?
Non, l'accès n'est pas uniforme. Il est recommandé de vérifier avant de se déplacer si la maison accueille les hommes, les personnes trans et non binaires, les enfants ou les animaux. Demandez aussi comment l'identité et l'orientation seront protégées, si le personnel est formé aux réalités LGBTQ+ et quelles options existent si la ressource n'est pas accessible dans votre région.
À quoi sert le CAVAC dans un contexte de violence conjugale?
Le CAVAC accompagne les victimes d'actes criminels. Il peut offrir du soutien psychosocial, expliquer les démarches, transmettre de l'information sur les recours et orienter vers des ressources juridiques. Vous pouvez joindre le CAVAC au 1 866 532-2822. Il peut être utile si vous envisagez une plainte ou si vous souhaitez simplement comprendre vos options.