Lexique LGBTQ+ 2026 : 60 termes essentiels pour comprendre la communauté

En bref : Ce lexique recense 60 termes clés de la diversité sexuelle et de genre, en français québécois, à jour pour 2026. Que vous soyez allié·e, étudiant·e, professionnel·le ou personne concernée, chaque définition est précise, nuancée et respectueuse des réalités vécues de la communauté LGBTQ2S+ du Québec.

Dictionnaire ouvert avec des couleurs arc-en-ciel, design éducatif et moderne sur le lexique LGBTQ+
Connaître le vocabulaire LGBTQ+, c’est reconnâtre et respecter les identités des personnes qui en font partie.

Introduction : pourquoi ce lexique ?

Bienvenue dans ce Lexique LGBTQ+ 2026, un outil conçu pour démystifier les notions fondamentales liées aux diversités sexuelles et de genre. Que vous soyez une personne queer, un·e allié·e, un·e étudiant·e ou simplement quelqu'un·e qui souhaite mieux comprendre les enjeux de la communauté LGBTQ2S+, ce guide vous offrira des définitions claires, accessibles et respectueuses.

Dans un monde où les représentations médiatiques et les discours publics évoluent rapidement, il est crucial de s'appuyer sur un vocabulaire précis pour éviter les malentendus et les micro-agressions. Ce lexique vous permettra de naviguer avec aisance dans les conversations, les textes et les espaces militants, tout en privilégiant un langage inclusif et bienveillant.

Vous pouvez l'utiliser comme un vade-mecum au quotidien, ou comme une ressource pour approfondir vos connaissances. N'oubliez pas : une langue évolue avec les communautés qu'elle décrit. Pour les questions liées au droits des personnes trans et non-binaires au Québec, consultez notre guide dédié. Et pour les termes liés au mariage et aux unions, des ressources comme la terminologie du mariage égalitaire et des unions inclusives offrent des compléments utiles.

Deux personnes discutant de terminologie LGBTQ+ dans un cadre universitaire, carnet ouvert, étudiants divers
Apprendre et utiliser le bon vocabulaire est un acte de respect envers les personnes LGBTQ+ dans sa vie personnelle et professionnelle.

Termes A à F

Allié·e : Personne cisgenre ou hétérosexuelle qui soutient activement les droits des personnes LGBTQ2S+, en écoutant leurs besoins et en s'opposant aux discriminations. Un·e bon·ne allié·e agit sans s'accaparer l'espace militant des personnes concernées.

Allié institutionnel : Organisation (entreprise, institution publique, école) qui adopte officiellement des politiques d'inclusion LGBTQ+ et s'engage activement à lutter contre les discriminations au sein de ses structures. Va au-delà du simple soutien symbolique.

Altersexualité : Terme désignant les orientations sexuelles ou identités de genre qui sortent des normes hétéronormatives. Il inclut notamment les personnes queer, non-binaires ou asexuelles.

Aromantique : Personne qui ne ressent pas (ou peu) d'attirance romantique envers autrui, quel que soit le genre. L'aromantisme est une orientation romantique valide et n'est pas une maladie.

Asexuel·le : Personne qui n'éprouve (ou éprouve peu) d'attirance sexuelle pour autrui. L'asexualité est diverse : certaines personnes asexuelles peuvent avoir des relations romantiques, d'autres non. L'asexualité n'exclut pas les relations affectives ou romantiques.

Bi-curieux·se : Personne qui explore son attirance envers plus d'un genre, sans pour autant s'identifier formellement comme bisexuel·le ou pansexuel·le. Peut être une étape transitoire ou une identité à part entière.

Bigenre : Personne qui s'identifie à deux genres simultanément ou alternativement (par exemple, homme et femme, ou homme et non-binaire). Différent du genre fluide qui implique une variation dans le temps.

Biphobie : Discrimination, préjugés ou rejet envers les personnes bisexuelles, souvent basée sur des stéréotypes comme l'idée que la bisexualité serait une « phase » ou une « décision facile ».

Bisexuel·le : Personne attirée émotionnellement, romantiquement ou sexuellement par plus d'un genre. La bisexualité n'implique pas une attirance égale pour tous les genres, et elle est souvent mal comprise — d'où l'importance de la visibilité bisexuelle.

Bispirituel (Two-Spirit) : Terme autochtone désignant une personne qui incarne à la fois des rôles de genre masculins et féminins, ou une spiritualité traditionnelle liée à la fluidité de genre. Ce terme est spécifique aux communautés autochtones et ne doit pas être utilisé par des personnes non autochtones.

Butch : Terme désignant une expression de genre masculine chez les femmes, notamment dans les communautés lesbiennes. Une personne butch peut s'habiller, parler et se comporter de manière traditionnellement masculine tout en s'identifiant comme femme. Terme neutre, souvent revendiqué avec fierté.

Cisgenre : Personne dont l'identité de genre correspond au genre assigné à la naissance (ex. : assigné·e homme à la naissance, se sent homme). Le terme permet de distinguer les personnes trans et non-trans sans hiérarchie.

Coming out : Acte de révéler son orientation sexuelle, son identité de genre ou son statut LGBTQ2S+ à autrui. Le coming out peut être libérateur, mais aussi risqué selon les contextes. Personne n'est obligé·e de se dévoiler.

Coming out tardif : Situation où une personne révèle son identité LGBTQ2S+ à un âge avancé, souvent après des années d'homophobie intériorisée ou de pression sociale. Ce processus est valide quel que soit l'âge.

Deadnaming : Action de désigner une personne trans ou non-binaire par son nom de naissance au lieu de son prénom choisi. C'est une micro-agression qui peut être très blessante et doit être évitée.

Drag : Artiste qui performe une expression de genre exagérée (souvent en travestissement) pour des raisons théâtrales, humoristiques ou militantes. Les drag queens et drag kings sont des figures importantes de la culture queer. Être drag ≠ être trans.

Dyadique : Terme désignant les personnes dont les caractéristiques sexuelles à la naissance (chromosomes, organes génitaux, hormones) correspondent aux catégories typiques « mâle » ou « femelle ». Opposé à intersexe.

Dysphorie de genre : Sentiment de détresse lié à l'inadéquation entre son identité de genre et son corps ou son genre assigné. La dysphorie peut être atténuée par des soins de réaffirmation de genre (hormonothérapie, chirurgie, changement de prénom).

Enbyphophobie : Discrimination, mépris ou violence spécifiquement dirigés contre les personnes non-binaires. Différente de la transphobie générale, elle cible les personnes qui ne s'inscrivent pas dans la binarité de genre.

Expression de genre : Façon dont une personne exprime son genre à travers ses vêtements, sa coiffure, son langage corporel, etc. Elle peut ne pas correspondre aux stéréotypes de genre traditionnels.

Féminisme queer : Courant féministe qui intègre les luttes LGBTQ2S+, en mettant l'accent sur l'intersection entre genre, sexualité et autres formes d'oppression (racisme, validisme, colonialisme, etc.).

Femme : Terme désignant une expression de genre féminine dans les communautés lesbiennes, notamment en contraste avec « butch ». Une personne femme peut s'habiller et se comporter de manière traditionnellement féminine. Terme revendiqué avec fierté dans de nombreuses communautés queer.

Fierté : Mouvement et célébration des identités LGBTQ2S+, né en réaction à l'oppression. Les fiertés (comme Fierté Montréal) sont des espaces de visibilité, de solidarité et de revendication politique.

Termes G à L

Genderqueer : Terme parapluie désignant les personnes dont l'identité de genre ne s'inscrit pas dans la binarité homme/femme. Certaines personnes genderqueer s'identifient aussi comme non-binaires.

Genre fluide : Identité de genre qui varie dans le temps, sans être fixe. Une personne fluide peut se sentir homme un jour, femme un autre, ou ni l'un ni l'autre selon les moments.

Genre non-conforme : Personne dont l'expression de genre ne correspond pas aux attentes sociales liées à son genre assigné. Exemples : un homme qui porte des robes, une femme avec une coupe courte et un style masculin.

Hétéronormativité : Système de valeurs qui considère l'hétérosexualité comme la norme exclusive, et qui marginalise les autres orientations sexuelles. Elle se manifeste dans les lois, les médias et les interactions quotidiennes.

Hétérosexisme : Préjugé selon lequel l'hétérosexualité serait supérieure aux autres orientations sexuelles. C'est une forme de discrimination systémique qui traverse les institutions.

Homoparentalité : Famille composée de parents homosexuels ou lesbiens, souvent avec des enfants (biologiques, adoptés ou issus de précédentes relations). Au Québec, les droits des familles homoparentales sont reconnus depuis 2002.

Homophobie : Discrimination, rejet ou violence envers les personnes gaies, lesbiennes ou bisexuelles. L'homophobie peut être institutionnelle (lois, politiques) ou interpersonnelle (insultes, agressions).

Homophobie intériorisée : Rejet ou mépris de soi-même en raison de son orientation sexuelle non hétérosexuelle. Elle peut mener à de l'anxiété, de la dépression ou des comportements autodestructeurs. Souvent le résultat d'une longue exposition aux messages homophobes.

Homonormativité : Pression sociale qui pousse les personnes LGBTQ2S+ à adopter des comportements hétéroconformes pour être acceptées (ex. : un couple gay qui imite les codes du couple hétérosexuel). Ce concept questionne les normes reproites à l'intérieur même des communautés LGBTQ+.

Identité de genre : Sentiment profond d'appartenance à un genre (homme, femme, non-binaire, genderqueer, etc.), qui peut ou non correspondre au genre assigné à la naissance. L'identité de genre est distincte de l'orientation sexuelle.

Intersectionnalité : Approche qui analyse comment les oppressions (racisme, sexisme, transphobie, validisme, etc.) se croisent et s'influencent mutuellement. Concept popularisé par la juriste Kimberlé Crenshaw dans les années 1980.

Intersexe : Personne née avec des caractéristiques sexuelles (chromosomes, hormones, organes génitaux) qui ne correspondent pas aux définitions typiques de « masculin » ou « féminin ». L'intersexualité n'est pas une maladie, mais une variation naturelle du corps humain.

Lesbienne : Femme attirée émotionnellement, romantiquement ou sexuellement par d'autres femmes. Le terme est parfois utilisé de manière inclusive par certaines personnes non-binaires qui s'identifient à une expérience lesbienne.

LGBTQ2S+ : Acronyme désignant les personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, trans, queer, deux-esprits (Two-Spirit) et d'autres identités marginalisées. Le « + » inclut toutes les diversités sexuelles et de genre non nommées explicitement.

Termes M à P

Mariage égalitaire : Légalisation du mariage entre personnes de même genre. Au Canada, le mariage égalitaire est reconnu depuis 2005, faisant du Canada l'un des premiers pays à adopter cette réforme au monde.

Mégenrer : Utiliser un pronom ou un nom qui ne correspond pas à l'identité de genre d'une personne. Exemple : dire « il » à une personne trans femme. C'est une micro-agression qui peut être très douloureuse et qui doit être évitée.

Militantisme LGBTQ : Engagements politiques, sociaux ou artistiques pour défendre les droits des personnes LGBTQ2S+. Au Québec, des groupes comme GRIS-Montréal, la CGLQ et la Ligue des droits et libertés sont actifs dans ce domaine.

Monogamie : Pratique relationnelle où une personne n'a qu'un·e seul·e partenaire à la fois. La monogamie est une option parmi d'autres pour les couples LGBTQ+, au même titre que le polyamour ou les relations ouvertes, sans hiérarchie entre ces modèles.

Non-binaire : Personne dont l'identité de genre n'est ni exclusivement homme ni femme. Les personnes non-binaires peuvent se situer entre les genres, en dehors, ou les deux à la fois. Les pronoms comme « iel », « ille » ou « they/them » sont souvent utilisés.

Orientation sexuelle : Attirance émotionnelle, romantique ou sexuelle envers un ou plusieurs genres. Les orientations incluent hétérosexualité, homosexualité, bisexualité, pansexualité, asexualité, etc. Elle est distincte de l'identité de genre.

Outing : Révéler publiquement l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d'une personne LGBTQ2S+ sans son consentement. C'est une violation grave de la vie privée et une forme de violence pouvant avoir des conséquences graves sur la sécurité de la personne concernée.

Pansexuel·le : Personne attirée par autrui sans égard au genre. Une personne pansexuelle peut être attirée par des hommes, des femmes, des personnes non-binaires, etc. La pansexualité se distingue de la bisexualité par son indifférence au genre.

Passing : Capacité d'une personne trans ou non-binaire à être perçue comme correspondant à son genre par la société. Le passing peut être un soulagement, mais ne doit pas être une condition pour être respecté·e.

Polyamour : Pratique relationnelle où une personne a plusieurs partenaires avec le consentement de toutes les parties. Contrairement à l'infidélité, le polyamour repose sur la transparence et l'éthique relationnelle.

Pronoms choisis : Pronoms (il/iel/elle/they, etc.) qu'une personne demande d'utiliser pour la désigner. Respecter les pronoms d'une personne, c'est montrer du respect fondamental pour son identité. Les demander proactivement est une marque d'inclusion.

Termes Q à T

Queer : Terme parapluie désignant toutes les identités sexuelles et de genre qui ne sont pas cisgenres ou hétérosexuelles. Certains le réapproprient comme un symbole de fierté, d'autres le trouvent trop large. À utiliser en fonction des préférences de la personne concernée.

Questioning : Personne qui explore son orientation sexuelle, son identité de genre ou son statut LGBTQ2S+. Le questioning est une étape valide et importante dans le parcours d'affirmation de soi.

Relation ouverte : Arrangement amoureux ou sexuel où les partenaires consentent à avoir des relations en dehors de leur relation principale. Repose sur la communication et le consentement mutuel. Différente du polyamour par sa structure.

Représentation médiatique : Présence de personnages LGBTQ2S+ dans les films, séries, livres et médias. Une bonne représentation reflète la diversité des expériences queer sans tomber dans les stéréotypes ou les rôles tragiques.

Safe space : Espace (physique ou virtuel) où les personnes LGBTQ2S+ peuvent s'exprimer librement sans crainte de jugement ou d'homophobie. Les safe spaces sont cruciaux pour la santé mentale et l'empowerment des communautés marginalisées.

Sextorsion : Chantage affectant les personnes LGBTQ2S+, souvent en ligne, où un·e agresseur·se menace de révéler des informations privées (photos, conversations) en échange d'argent ou de services. C'est un crime au Canada.

TERF (Trans-Exclusionary Radical Feminist) : Féministe qui exclut les personnes trans (surtout trans femmes) des espaces féministes, souvent au nom d'une vision biologiste du genre. Le terme est considéré comme descriptif par certains, péjoratif par d'autres.

Trans : Abréviation courante pour transgenre. Terme parapluie désignant les personnes dont l'identité de genre ne correspond pas au genre assigné à la naissance.

Transgenre : Personne dont l'identité de genre diffère du genre assigné à la naissance. Peut inclure des personnes trans femmes, trans hommes ou non-binaires. Le terme « transgenre » est préféré à « transsexuel » dans de nombreuses communautés.

Transphobie : Discrimination, rejet ou violence envers les personnes trans ou non-binaires. La transphobie peut être institutionnelle (lois restrictives, accès aux soins) ou interpersonnelle (insultes, agressions physiques).

Transsexuel·le : Terme médical et historique désignant une personne trans qui a eu recours à des soins de réaffirmation de genre (hormonothérapie, chirurgie). Considéré par certains comme désuet ou pathologisant ; à utiliser selon la préférence de la personne.

Termes V à Z — et conclusion

Visibilité bisexuelle : Efforts pour rendre visibles les expériences des personnes bisexuelles, souvent invisibilisées dans les mouvements LGBTQ+ et dans les représentations médiatiques. La biphobie et les stéréotypes rendent cette visibilité cruciale.


Ce lexique n'est qu'un point de départ pour comprendre la richesse et la complexité des identités LGBTQ2S+. Les genres et les orientations sexuelles sont multiples, et chaque personne vit son expérience de manière unique.

Pour aller plus loin, explorez les ressources québécoises comme l'ATQ, GRIS-Montréal, Interligne et la CGLQ. N'oubliez pas : le respect passe par l'écoute, l'apprentissage continu et l'ouverture d'esprit. Ensemble, cultivons des safe spaces où chaque personne peut être elle-même sans crainte.

Mur coloré avec des mots du vocabulaire LGBTQ+ dans un couloir de centre communautaire au Québec
Les centres communautaires LGBTQ+ affichent souvent des lexiques et des ressources visuelles pour familiariser le public avec la terminologie inclusive.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre l’orientation sexuelle et l’identité de genre ?

L’orientation sexuelle désigne vers qui l’on ressent de l’attirance (ex. : homosexualité, bisexualité), tandis que l’identité de genre désigne comment une personne se vit intérieurement (homme, femme, non-binaire, etc.). Les deux sont indépendants : une femme trans peut être hétérosexuelle, lesbienne ou bisexuelle.

Est-ce que « queer » est une insulte ?

Historiquement, « queer » était utilisé comme insulte, mais de nombreuses personnes LGBTQ+ l’ont réapproprié comme un terme de fierté. Il est préférable de suivre la préférence de la personne concernée : certaines s’y identifient avec fierté, d’autres préfèrent des termes plus spécifiques.

Pourquoi parle-t-on d’intersectionnalité dans les mouvements LGBTQ+ ?

L’intersectionnalité reconnât que les personnes LGBTQ+ racisées, handicapées ou issues de milieux défavorisés font face à des discriminations combinées que l’analyse unidimensionnelle ne saisit pas. Un militantisme LGBTQ+ efficace doit prendre en compte ces réalités croisées.

Comment savoir quels pronoms utiliser pour une personne non-binaire ?

La méthode la plus directe est de demander à la personne quels pronoms elle utilise. Beaucoup de personnes non-binaires utilisent « iel » en français ou « they/them » en anglais, mais les préférences varient. En cas d’erreur, s’excuser brièvement et se corriger suffit.

Le terme « transsexuel » est-il toujours utilisé ?

Le terme « transsexuel » est de moins en moins utilisé car il est associé à une approche médicale qui pathologisait les personnes trans. « Transgenre » ou simplement « trans » sont préférés dans la plupart des communautés. Toujours suivre la préférence de la personne concernée.