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La sortie gaie ou ce qui est appelé «coming out», peut survenir à tout âge, quoique ce processus puisse répondre à un modèle similaire pour plusieurs, il n’en demeure pas moins difficile pour plusieurs personnes. Nous vous suggérons ici quelques outils. Nous vous invitons à consulter le document «les premiers pas» élaboré par Santé Canada.http://www.hc-sc.gc.ca/hppb/vih_sida/jeune/premiers/index.html
Nous vous invitons également à consulter le site de Séro-Zéro qui contient de l’information très pertinente à ce sujet. http://www.sero-zero.qc.ca/
De plus nous vous invitons à prendre connaissance du texte suivant qui nous provient de nos collaborateurs de Prisme-Québec, nous les en remercions sincèrement, nous croyons qu’il peut vous être très utile.

Un modèle proposé:
Le processus de sortie est un phénomène complexe. Ce processus est le cheminement de la reconnaissance par la personne de ses préférences sexuelles et affectives vers l’intégration de ses préférences dans sa personnalité, sa vie personnelle et sociale. Pour illustrer ce phénomène, quelques modèles ont vu le jour avec des étapes, des stades, qui diffèrent d’une fois à l’autre.

Dans ce document nous verrons quatre phases :
La pré-sortie : suis-je gai?
La sortie : s’assumer
La post-sortie : être gai
La rétro-sortie : retrait de la communauté gaie

Contrairement à d’autres modèles, il n’y aura pas d’étapes très précises, vécues sur un plan linéaire. Cette synthèse est voulue ainsi. La réalité n’en sera que mieux affichée et chaque personne pourra y trouver son compte. En fait, les parcours varient beaucoup d’un individu à un autre. Pour certains, voire la majorité des gens, il y aura des mouvements d’avancement puis de recul dans le processus de sortie. Nous y retrouverons également des chevauchements entres les étapes, les phases, les stades. Il s’agit d’un modèle, donc rien n’est coulé dans le béton.

La pré-sortie: suis-je gai?
Le sentiment d’être différent des autres est l’élément qui déclenche les questionnements sur l’orientation sexuelle. Des sentiments de honte, de culpabilité et surtout de confusion naissent et hantent la personne qui se questionne.
L’individu se sent seul, s’imagine être le seul à vivre une telle situation. Il peut espérer que cette situation sera uniquement passagère. L’individu adopte des attitudes négatives face à l’homosexualité ; il développe de l’homophobie intériorisée.
Ensuite la personne fait des tentatives pour briser son isolement. Elle recherche des informations sur l’homosexualité. Elle pourra utiliser des sources très variées : livres, émissions de télévision, films et Internet par exemple. Elle recherchera à découvrir des modèles gais. La personne se rendra compte qu’elle n’est pas la seule à vivre cette réalité.
Une certaine exploration sexuelle fait son apparition. Il peut y avoir pratique de relations hétérosexuelles pour essayer de se convertir ou du moins de se convaincre que ce n’est que passager. Il y a une exploration corporelle et une expérimentation qui s’effectue au niveau d’attouchements homosexuels également. Cette recherche et cette expérimentation renforcent les questionnements. Certains utiliseront la prostitution pour entrer en contact avec d’autres hommes. Le répertoire des pratiques sexuelles se compose surtout de caresses, masturbation solitaire et fellation passive, et il est caractérisé par l’absence de baiser profond.
La reconnaissance de son orientation sexuelle différente se défini davantage avec une augmentation des désirs et pulsions sexuelles. L’attirance envers les personnes du même sexe prend une place importante, voire de plus en plus importante. Le désir d’en parler se fait sentir.
Viens le temps de préparer le terrain pour amorcer sa sortie. Il y a sélection d’une personne significative, habituellement en dehors de la famille, pour annoncer son orientation sexuelle et ainsi vérifier les réactions de l’entourage et se lier avec un allié.
Il y a recherche intensive de pairs. Un désir puissant de rencontrer des gens de son âge afin de partager à la fois son vécu et son amitié se fait sentir. La présence de ces pairs facilite le cheminement et lui donne une motivation à poursuivre sa sortie. Il est cependant difficile pour les jeunes de moins de 18 ans de trouver des lieux où socialiser avec des semblables.
C’est à partir de ce moment que l’individu commence à intégrer des valeurs et des normes différentes. L’homophobie laisse place à l’acceptation de la vie gaie. Des changements tantôt subtils ou tantôt très extravertis se font sentir à différents niveaux : corporel, vestimentaire, intellectuel, sportif, récréatif et autres.
Évidemment, de tels changements éveillent des doutes, des soupçons de l’entourage sur l’orientation sexuelle de la personne. Pendant ce temps, la personne parle de partenaires sexuels sans lui accorder de genre en particulier.
Les pressions tant intérieures qu’extérieures incitent l’individu à se créer des scénarios de sortie, de divulgation de son orientation sexuelle. La personne est fatiguée de se cacher, de mentir ou de ne pas pouvoir s’exprimer ou agir librement. Ce qui empêchera ou retardera la sortie de la personne, c’est sa peur du rejet et la peur de se faire mettre dehors du foyer familial, les attitudes et les commentaires négatifs ou désobligeants face à l’homosexualité.

La sortie: s'assumer
Le dévoilement de l’orientation sexuelle à son entourage s’effectue au fur et à mesure que la personne prend confiance en elle. Il y a des moments d’euphorie qui peuvent amener la personne à une vulnérabilité au niveau de sa santé en prenant des risques dans sa sexualité ou sa consommation de drogue ou d’alcool.
Il y a exploration de différents lieux de drague pour rechercher un partenaire sexuel. Les bars, les discothèques et les saunas sont des lieux utilisés. Il y a également l’Internet, les groupes de discussions, les agences de rencontres, les lignes téléphoniques, les parcs, les toilettes publiques et autres qui peuvent être employés.
C’est souvent, pour beaucoup, le premier contact avec le milieu gai qui se produit. Pour ceux qui ont l’opportunité d’être accompagné par un initiateur, leur intégration se fera beaucoup plus aisément. Certaines personnes pourront rencontrer quelques difficultés lors de leurs premières explorations du milieu.
Le choc du monde gai est presque inévitable. Il y a un méli-mélo d’émotions positives et d’émotions négatives. Les gens risquent de ne pas s’identifier au monde gai car ce qu’ils y trouvent ne correspond pas à ce qu’ils sont. Ce choc initial s’atténue peu à peu au fur et à mesure que la personne s’intègre et visite le milieu. Les préjugés parfois disparaissent, parfois restent et s’encrent. Généralement, l’individu perçoit le milieu comme étant sécuritaire, rassurant car il est entouré de beaucoup de personne qui sont comme lui, dans une place où il peut toucher, embrasser sans que cela puisse déranger.
La personne arrive dans le milieu gai avec une vision de l’amour tout à fait romantique. Il recherche l’amour, la vie à deux. Il sera assez vite désillusionné avec son augmentation du nombre de partenaires sexuels. Ces relations sexuelles sont beaucoup plus que des attouchements.
Évidemment, le dévoilement de l’homosexualité face aux parents entraîne ces derniers à se poser des questions et vivre un certain deuil. Il arrive souvent alors que les parents deviennent silencieux, ce qui peut être difficile pour l’individu. Il faut cependant comprendre que la personne ne peut demander à ses parents de comprendre et de digérer ce qui lui a pris quelques années parfois à comprendre et accepter.

La post-sortie: être gai
Sous le signe d’une plus grande maturité, l’individu intègre l’homosexualité dans son style de vie. Il a réussi à se construire une image positive et solide. Son image publique et son image privée s’intègrent en une seule. Le dévoilement de son orientation sexuelle se fait sur une plus grande échelle.
Le réseau social s’élargit et la recherche de stabilité, d’intimité, devient plus important. Les relations sont plus longues et combinent attraction physique et engagement amoureux. Il y a apprentissage du couple gai tant dans le privé qu’en société. Le répertoire des pratiques sexuelles est plus vaste et mieux géré. La protection des MTS/VIH sont intégrés à leur vie.

La rétro-sortie: retrait de la communauté gaie.
L’individu passe beaucoup de temps, d’énergie à comprendre et accepter son orientation sexuelle. Ensuite, il dépense encore beaucoup d’énergie et de temps à divulguer son orientation et se défendre pour ses droits. Il dépense par la suite de l’énergie et encore du temps à se construire une personnalité plus forte, intégrant toutes les composantes de sa personne en un tout cohérent.
Une fois tout cela effectué, certaines personnes sentent le besoin de se retirer de la communauté gaie. Cette retraite est prise soit parce que les personnes sont en couple et ne sentent plus le besoin de fréquenter le milieu puisque le but de se trouver un compagnon de vie est réalisé. D’autres, de par leur apparence, leur âge ou autres raisons du même genre sentent une pression du milieu à se retirer de la communauté.


 


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